Accord du verbe faire : pourquoi la forme « vous en ferez » pose problème ?

16 mars 2026

Professeur français devant un tableau en classe

« Vous en ferez » : la formule est familière, mais elle cache un casse-tête grammatical qui déstabilise autant qu’il intrigue. Ici, la logique habituelle de l’accord du participe passé vacille, bousculée par une règle qui semble s’échapper entre les lignes de nos manuels scolaires.

Le trouble s’accentue dès que l’on s’aventure dans les structures pronominales ou les phrases à tiroirs. Loin de la simplicité apparente, l’accord du verbe « faire » met à nu les failles des automatismes linguistiques.

Pourquoi la forme « vous en ferez » prête-t-elle à confusion ?

Dans les méandres du français, faire apparaît partout, jongle avec les usages et s’arrange pour semer la perplexité dès qu’on tente de s’accrocher à une règle d’accord bien nette. La tournure « vous en ferez » rassemble toutes les embûches : histoire, grammaire et même prononciation s’allient pour brouiller les pistes.

Avant de s’attaquer à la difficulté, arrêtons-nous sur les raisons du doute :

  • À l’oral, la frontière entre fait et fais s’estompe : il faut parfois tendre l’oreille et réfléchir avant de distinguer présent et participe passé.
  • Le pronom en occupe une place centrale : bien souvent il reprend un complément d’objet direct (COD), mais la règle impose alors que le participe passé de faire ne se modifie pas.

Prenons un exemple clair : « des erreurs, vous en ferez ». La tentation d’accorder surgit naturellement. Pourtant, le participe passé de faire, « fait », résiste à tout. Même si « en » précède le verbe et représente un COD, la terminaison reste identique. Cette logique, qui défie le réflexe acquis avec l’auxiliaire avoir, déroute tant qu’elle semble presque paradoxale.

La finesse de la grammaire française suffit à perdre même les passionnés de précision. D’ailleurs, ce type d’accord figure sans cesse dans les coquilles les plus fréquentes et revient hanter rédacteurs et élèves. Entre usage, prononciation floue et cavalcades de règles, même les locuteurs chevronnés se laissent parfois piéger par cette singularité de faire.

Jeune femme étudie le français à la maison

Comprendre les règles d’accord du verbe faire et éviter les erreurs fréquentes

Caméléon linguistique, le verbe faire multiplie les nuances et les fausses pistes. L’histoire se complique dès que l’on décortique les règles du participe passé au détour de phrases longues ou de structures à plusieurs niveaux. Pourtant, quelques repères suffisent à distinguer les cas où l’accord s’impose… ou pas.

Les différences à connaître pour ne pas trébucher sont faciles à formuler :

  • Avec l’auxiliaire avoir, on accorde le participe passé quand le COD est placé avant : « les erreurs que vous avez faites ». En revanche, quand faire précède un infinitif, l’accord tombe : « les fleurs que vous avez fait peindre ».
  • Le pronom en, qui sert souvent de COD, impose une invariable : « des remarques, vous en avez fait ». Cette règle, source d’écueils à répétition, piège même ceux qui s’entraînent depuis des années.

Pour y voir plus clair, il faut saisir d’abord le sens exact de la phrase : repérer le rôle du pronom ou du groupe nominal, puis appliquer (ou non) la logique d’accord. Si le verbe est pronominal, il faudra examiner la fonction du pronom réfléchi. Par exemple : « elles se sont fait mal » ne s’accorde pas, car « se » n’est pas COD, mais complément d’attribution.

La réalité, c’est que ces subtilités remontent en force dès que faire est couplé à un pronom ou à un infinitif. Aucune astuce ne remplacera une analyse attentive de la fonction de chaque mot. Les erreurs sont fréquentes, la vigilance indispensable, le doute tenace.

La grammaire française se joue donc des automatismes et récompense l’attention au détail. « Vous en ferez », loin d’un simple automatisme, met chaque locuteur face à l’horlogerie délicate du français. La prochaine fois que la question survient, il faudra se souvenir de ce mécanisme discret mais impitoyable qui fait la loi derrière « faire ».

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