Rayer d’un trait la neutralité dans un devoir de français, c’est risquer de s’attirer les foudres du correcteur. « Tu en penses quoi » : la formule ne laisse personne indifférent. Elle heurte la règle d’or scolaire, on attend un style net, épuré, sans familiarité. Pourtant, dans certaines productions argumentatives, le contexte ou la consigne permettent parfois d’assumer un ton plus direct. L’exception existe, mais elle reste la marge, pas la norme.
La capacité à manipuler les structures syntaxiques compte plus qu’on ne le croit. Mélanger COD et COI, c’est brouiller le sens, déséquilibrer la phrase, égarer le lecteur. L’impact se mesure sur la qualité de l’expression écrite, implacablement évaluée dans chaque copie.
Comprendre la différence entre COD et COI : définitions simples et exemples concrets
Français oblige, on ne badine pas avec les distinctions. Le COD, complément d’objet direct, reçoit l’action du verbe sans intermédiaire. Rien ne s’intercale entre les deux : « Elle lit le livre. » Ici, le livre reçoit l’action de lire, sans détour.
Le COI, complément d’objet indirect, s’annonce avec sa préposition (à, de, pour, etc.) et désigne l’élément touché indirectement. Exemple simple : « Elle parle à son frère. » Le frère n’est pas l’objet direct, il est relié à l’action par ce « à » qui change tout.
Voici quelques exemples pour visualiser ces différences :
- COD : « Nous regardons le film. » (le film = complément direct)
- COI : « Nous pensons à nos amis. » (à nos amis = complément indirect)
Tout dépend du verbe utilisé : certains exigent un COD (« manger une pomme »), d’autres un COI (« téléphoner à quelqu’un »). Certains verbes acceptent un complément direct ou indirect selon le contexte. Les pronoms compléments (« le », « lui », « leur ») s’adaptent à la fonction dans la phrase. Cette distinction rejaillit sur la conjugaison, la place du pronom, l’accord du participe passé. Elle régit aussi bien les groupes nominaux que les noms propres ou communs, animés ou non, et impose sa logique de la salle de classe à la rédaction du bac.
Pourquoi ces distinctions sont essentielles pour bien écrire en français et éviter les erreurs fréquentes
La justesse d’une phrase française naît du respect des règles liées au complément. Déplacer un pronom, confondre COD et COI, c’est s’exposer à des fautes fréquemment relevées dans les corrections, du collège à l’université. « Tu en penses quoi ? », monnaie courante à l’oral, bouscule les attentes de l’écrit. Dans une rédaction, la place du pronom, la rigueur dans la syntaxe et l’attention portée au registre font toute la différence entre un texte familier et une copie académique.
La grammaire ne tolère pas l’à-peu-près. Un COI mal positionné, un trait d’union manquant, une tournure trop relâchée : voilà de quoi faire tiquer n’importe quel correcteur. Sujet, verbe, complément : chaque maillon doit se placer au bon endroit. Le pronom complément, lui, suit une logique stricte. « Qu’en penses-tu ? » coche toutes les cases de l’écrit soigné. « Tu en penses quoi ? » s’apparente à un détour par l’oral, éloigné du niveau attendu.
| Expression | Registre | Correct à l’écrit ? |
|---|---|---|
| Tu en penses quoi ? | Familier | Non |
| Qu’en penses-tu ? | Soutenu/Standard | Oui |
La première phrase d’un devoir, l’orthographe, l’ordre des mots, tout pèse dans la balance. Un accord oublié, un registre décalé, un complément mal placé : chaque détail façonne la clarté et la crédibilité du texte. Au fond, bien écrire en français, c’est accepter les contraintes du code, pour mieux s’en affranchir, un jour, avec justesse et panache.

