
Aujourd'hui, l'Ecole de Management de Strasbourg lance le premier diplôme de finance islamique. Ce système bancaire conforme à la loi coranique est basé sur la proscription de l’intérêt. Explications par l'avocat Medhi Haroun.
C’est parti pour la banque halal ! L'Ecole de management de Strasbourg vient d'ouvrir la session du premier diplôme de finance islamique. Un bac + 5 qui accueille 36 étudiants à partir du 21 janvier. Une formation devenue possible depuis que le ministère de l’économie a levé les premiers obstacles au développement de la finance islamique en France.
Cette économie est conforme à la charia, la loi musulmane. Elle proscrit l’intérêt et la spéculation, comme le christianisme et le judaïsme jusqu’au XVIe siècle. Elle oblige au partage des pertes et des profits. Impossible de garantir un gain a priori. Exit les 2,5 % d’intérêt payés du livret A, quoi qu’il arrive. Exit aussi le recouvrement des fonds quand un projet faillit.
La finance islamique est une économie participative dans laquelle l’investisseur reste solidaire. Elle interdit aussi d’acheter une promesse de vente ou une dette. C’est le principe d’adossement à un actif tangible (asset backing). Des produits financiers comme les subprimes ne peuvent pas voir le jour dans ce système. La finance islamique est donc moins touchée par la crise.
Néanmoins, Medhi Haroun, associé au cabinet d’avocats Herbert Smith, explique que ces banques commencent à souffrir de la baisse de l’immobilier, car elles investissent beaucoup dans ce secteur. Quand un pays veut attirer des fonds islamiques, 500 milliards de dollars dans le monde selon Bercy (1), il doit souvent modifier sa fiscalité pour permettre des opérations sans intérêt. Attention ! La plus-value n’est pas interdite pour autant. Il ne s’agit pas de prêt à taux zéro par exemple. Disons que Pierre veut emprunter de l’argent à Paul pour acheter un terrain 100 €. Normalement, Paul prête 100 € à Pierre qui le rembourse avec 10 % d’intérêt. Paul a donc la garantie de recouvrir 110 € avant même que Pierre n’ait acheté le terrain. Le capital de Paul s’accroît de lui-même, l’argent produit de l’argent. C’est ce que la finance islamique proscrit. Pour éviter ça, Paul achète le terrain à la place de Pierre et le lui revend 110 €. Résultat, il y a deux opérations au lieu d’une, donc… deux taxes à payer ! Cet exemple illustre les difficultés que rencontrent les pays qui veulent attirer les fonds islamiques.
Depuis le 18 décembre, le ministère de l’économie garantit que l’opération est bien considérée comme une seule et même transaction. Fini la double imposition.
D’autres mesures techniques sont lancées, l’idée est toujours de permettre le déploiement de l’économie coranique en France. Christine Lagarde l’avait annoncé au second Forum français de la finance islamique, le 26 novembre à Paris. Les recommandations étaient présentes dans le rapport Jouini-Pastré, publié le 8 décembre par l’association Paris-Europlace. Ce n’était plus qu’une décision à prendre. Ces mesures concernent les banques de crédit et d’investissement. La banque de détail n’est pas à l’ordre du jour. Les premiers établissements islamiques pourraient ouvrir courant 2009, inch' Allah. Des demandes d’accréditation sont déposées au Comité des établissements de crédit et des entreprises d'investissement (CECEI), à la banque de France.
(1) Mais une récente étude du cabinet de conseil américain Cerulli Associates estime que le total des fonds conformes à la charia serait de 65 milliards de dollars dans le monde.
1. Ecrit par
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, le 2009-06-18 14:50:54 ENFIN UN ARTICLE INTELLIGENT!!TENEZ AU COURANT DE LA SUITE!! |
2. Ecrit par
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, le 2009-01-23 18:10:12 bonjours une question a propos de la banque islamique: si la personne n'arrive pas à rembourser les traites qu'advient-il avec les sommes rembourser? |
3. Ecrit par
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, le 2009-01-23 02:21:37 de même c'est ignorer l'ensemble des projets immobiliers inities par les societe du golfe persique. des chiffres (65 mrds) qui sont en dessous de la realite. meme si je sais que nous parlons finances et non investissement. D'ailleurs c'est ce qui permet a ces pays d'être moins touches par la crise car l'investissement ne peut se faire que sur du concret donc la pierre par exemple. Pas de creances douteuses. |
4. Ecrit par jonas, le 2009-01-22 16:43:46 sur quels arguments se base le cabinet Cerulli pour avancer 65 milliard de fond de la charia en circulation dans le monde? je pense qu'on cerne mal les vrais actifs circulant du fait que les grosses parties ne transitent pas par les banques alors le cabinet americain devrait retourné à l'école. Evaluer ces fonds restent dans l'état actuel trés aléatoire.C'est comme la zakat ou les états musulmans tentent de récolter ces fonds qui en générale leurs échappent à 70%. | |